Danyèle Alain


Danyèle Alain
poursuit un travail de réinterprétation des rapports art/nature, motivé par un désir de revitalisation des rapports bienfaisants avec la Terre. S’intéressant aux enjeux qui concernent l’expansion de la techno-culture face à l’intégrité de la vie, elle puise ses inspirations dans la fabuleuse complexité des relations entre les humains et l’environnement. Sa pratique multidisciplinaire est basée sur les notions de transformation, d’échange, de circulation. Dans la suite d’une démarche basée sur l’installation in situ, utilisant les éléments de la nature (végétaux, minéraux, feu), sa pratique actuelle se fonde sur la transformation de matières telles que le lait, les végétaux, et sur les subtilités esthétiques de leur pouvoir poétique et de leurs attributs symboliques. Depuis 2000, son travail s’articule autour du projet Filia, une entreprise intemporelle installée dans une petite roulotte, spécifiquement conçue et aménagée pour tenir lieu de dispositif de production, de présentation, de rencontre et d’échange.

Ses œuvres ont été présentées au Québec, au Canada, en France, au Mexique et en Uruguay. Elle vit au Québec, à Roxton-Pond en Montérégie, et s’investit dans la conservation de la flore et l’aménagement faunique d’une terre située dans le Témiscouata. Elle travaille à la direction du 3e impérial, centre d’essai en art actuel (Granby, Québec) où elle contribue, depuis plus d’une vingtaine d’années, à y développer les processus d’une plateforme de création et de diffusion dans le champ des pratiques d’art contextuel, et plus particulièrement d’un art infiltrant qui explore les zones sensibles et parfois excentriques du territoire humain et géographique.


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Infuser

Dans ma roulotte l’entreprise Filia entretient la fertilité d’une matrice d’où émergent des actions ancrées à un espace vivant. Lieu d’ancrage pour opérer des infusions lentes, susciter des points de rencontre et de partage et pour tisser des liens, Filia réunit un laboratoire, un boudoir et un cabinet garni d’objets/reliques, de bouquins à consulter. Pendant mon séjour, je m’activerai à reconstituer les liens filiaux d’une généalogie poétique à l’arborescence aléatoire. Je concocterai quelques élixirs et breuvages à déguster, avec les fleurs, fruits et racines de l’automne. Je vous y invite.

Trois localisations sensibles constituent l’assise de mon action au symposium : – À Roxton Pond, ma maison, douze arpents de terre rocailleuse, où se voisinent, parmi tant d’autres, ormes, cerisiers, bouleaux, érables, peupliers deltoïdes, quelques pommiers anciens, gaillet, armoise, bardane, verge d’or, agripaume cardiaque, millepertuis, framboisiers, aster, la mauve qui se fait rare, fougères et quenouilles autour de l’étang … – Au Témiscouata, un refuge forestier, des ruisseaux qui chantent et font danser la vaillante truite, des tapis de fraisiers, les douces immortelles, la brunelle, les couchers de soleil qui s’éclatent sur la crête des épinettes. Et les racines profondes de ce territoire, Malécites, qui font écho à celles des Maritimes… – À Moncton, parc écologique, terre qui accueille l’art actuel, mue par la volonté de réhabiliter un peu de sa nature indigène… Sur ces terres d’adoption, je cueillerai, respectueusement, quelques échantillons de semences indigènes que je réintroduirai, symboliquement sur le site du parc écologique.

Observer, transformer, magnifier, fabuler, infuser… Remerciements : David Barabé, Patrick Beaulieu, Joël Desmarais, Chantal Dufour, Yves Gendreau, Anny Schneider.