Le parc millénaire de l’écologique

Le parc millénaire de l’écologique

Où est l’entrée ?
Comment-ce tu sais quand t’es là ?
Savais-tu le Parc venait juste d’avoir l’âge de conduire ?

Pendant longtemps, les côtelettes universitaires de Sunny Brae à Moncton,
(une brae étant un vieux mot gaélique pour ‘tour d’ivoire’) étaient garnies d’un gazon infini tondu et entretenu. De l’herbe et de l’herbe et de l’exagération.

En 2000, grâce à l’initiative du sociologue Ronald Babin, les jours du monotone végétal tirent à leur fin avec la fondation du Parc écologique du Millénaire.
Phase 1 comprend le plantage de 600 arbres et la directive de laisser la nature faire sa job. Bas les pattes, engins John Deere !

Une à une, les plantes bohémiennes commencent à s’installer.
Le Parc adopte un look un peu plus ébouriffé.

En 2002, le sculpteur André Lapointe aide à démarrer la Phase 2 du Parc,
l’incrustation d’œuvres parmi les paysages. Une sommité mondiale en art environnemental, l’Allemand Nils Udo, frais d’une collaboration avec le musicien d’art-rock Peter Gabriel, aménage alors une Entrée métaphorique à notre nouvelle relation avec la nature.

En 2004, lors du Symposium art nature en Acadie, une deuxième œuvre «permanente» s’ajoute au Parc : Absorption de l’artiste québécoise Francine Larivée comprenant deux rangées de saules dont les racines drainent l’eau et transforment radicalement le paysage.

Au fil des années, des dizaines et des dizaines de plantes mal élevées continuent à squatter le site.

En 2012, suite au plus récent Symposium d’art nature, le Parc accède enfin à sa Phase 3 : le musée à ciel ouvert. L’artiste belge Bob Verschueren conçoit une troisième œuvre «permanente», un sentier dans un creux bordé de pierres nommé Renaitre.
Mais aussi, contre toutes attentes, trois œuvres soi-dites éphémères survivent à leur date de péremption : Sarcophagus For an Elm de Paul Griffin, Pawakan de Ned Bear et même Residual de Michael Belmore.

De l’art nature pas de murs pas de préservatifs. À la merci des quatre cycles saisonniers
hyperactifs de notre météo maritime déglinguée.

En 2016, neuf autres idées sont plantées dans la terre ravigotée du Parc-Musée.